États-Unis. Près de 4 000 chiens destinés à des laboratoires évacués d’un « centre d’élevage »
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États-Unis. Près de 4 000 chiens destinés à des laboratoires évacués d’un « centre d’élevage »

L’organisation américaine de protection des animaux a achevé le sauvetage de 3 775 beagles gardés dans les locaux d’un fournisseur d’animaux de laboratoire. Le “Washington Post” décrit les conditions déplorables dans lesquelles vivaient les canidés et l’élan national de solidarité que l’affaire a suscité.
“Le premier chien à sortir [ce 7 juillet] avait les yeux bruns et un morceau de l’oreille gauche en moins. Sa queue n’était plus qu’un moignon : du brun, du blanc puis plus rien, elle avait peut-être été arrachée d’un coup de dent lors d’une bagarre ou prise dans la porte d’une cage.” Comme ce petit chien de 1 an, près de 4 000 beagles destinés à être vendus à des laboratoires ont été libérés d’un centre de l’entreprise Envigo. Il y a trois mois, la Humane Society, l’organisation américaine de protection des animaux, entamait l’évacuation de “cet immense complexe niché au fin fond de la Virginie rurale”, où les animaux vivaient un véritable calvaire. Dans un long article, le Washington Post retrace la “plus grande saisie motivée par le bien-être animal de l’histoire de la Humane Society”.
L’affaire avait éclaté après des alertes lancées par l’association en faveur des droits des animaux PETA sur les conditions de vie des canidés dans ces locaux de Cumberland. Sur la base des rapports qui se succèdent depuis un an, le quotidien américain se lance dans une longue litanie d’exemples de maltraitances : les beagles ne recevaient pas de noms mais un code d’identification tatoué à l’intérieur de l’oreille.

Un seul vétérinaire, des milliers de chiens

La plupart d’entre eux ont vécu toute leur vie dans une cage, regroupés les uns sur les autres, au milieu d’un amoncellement d’excréments et d’urine. Les personnes chargées de l’évacuation ont constaté de nombreuses blessures physiques, des dents endommagées ou des cicatrices héritées de bagarres avec d’autres chiens.
Le “centre d’élevage”, prévu pour accueillir 5 000 chiens, ne comptait qu’un seul vétérinaire et 25 salariés. Certains témoignages d’anciens employés suggèrent que les visites du ministère de l’Agriculture des États-Unis “semaient le chaos” :
“Tout le monde était paniqué. […] On savait que le site n’était pas aux normes.”
En mai, la justice avait lancé des poursuites contre Envigo pour de multiples violations de l’Animal Welfare Act, la loi sur le bien-être animal. La firme a finalement négocié un accord avec les autorités fédérales, consentant à fermer son site de Cumberland, “sans reconnaître de faute et sans recevoir de punition ni d’amende”.
Le Washington Post décrit par ailleurs l’élan de solidarité nationale qui a suivi l’éclatement de l’affaire : les dons à la Humane Society ont afflué en même temps que les demandes d’adoption. Mais leur adaptation à la vie d’animaux de compagnie est loin d’être acquise : “Les beagles débarquent dans un nouveau monde : aspirateurs, mixeurs, enfants qui rient, feux d’artifice, sirènes de police, jouets, canapés, gratouillis de ventre, amour. Ils vont devoir apprendre comment être un vrai chien – si c’est encore possible.”